| EnglishFrançais | ||
|
Gianfranco CABIDDU Né à Cagliari, chef-lieu de la Sardaigne, Gianfranco Cabiddu y poursuit une formation de musicien classique, tout en alternant ses expériences avec les groupes de jazz du début des années ’70. En 1974 il part pour Bologne, pour s’inscrire aux cours du DAMS (ethnomusicologie) et travailler dans des groupes de musique et de théâtre. Après avoir soutenu sa thèse sur les rituels de possession, il tourne des documentaires sur les danses rituelles et le théâtre en Inde et à Bali. Responsable de la documentation vidéo du Centre Teatro ateneo de l’Université La Sapienza à Rome, il collabore avec Edoardo De Filippo, pour l’enregistrement de La Tempête de Shakespeare, dans la traduction et interprétation de ce célèbre personnage du théâtre napolitain. Après ses premières expériences comme technicien du son, Gianfranco Cabiddu commence sa carrière cinématographique en tant que réalisateur et scénariste de documentaires, spots publicitaires et vidéo-clips musicaux. En 1989, il tourne en Sardaigne son premier film, Disamistade, à forte empreinte anthropologique. Cinq ans après, il retourne à Sedilo, son village d’origine, pour tourner S’ardia, un documentaire où il raconte la vie de tout le village à l’occasion de la plus importante fête traditionnelle de l’île. Sonos ‘e memoria, film de montage d’images de répertoire, réalisé en 1995, avec l’accompagnement musical d’un ensemble qui réunit les musiciens sardes les plus talentueux, est présenté à la 52° édition de La Mostra del Cinema de Venise. Après avoir été représenté à Nice, Milan Strasbourg, San Paolo et Rio De Janeiro, Sonos ‘e memoria tournera sur les scènes des plus importants théâtres italiens. En 1997 Gianfranco Cabiddu tourne son deuxième film de fiction, Il Figlio di Bakunin : produit par Giuseppe Tornatore le film est l’adaptation du roman homonyme de Sergio Atzeni, et se déroule dans les mines de Sulcis, entre les années ’30 et les années ’50. Depuis Gianfranco Cabiddu est directeur artistique du Prix Solinas, prix du meilleur scénario pour le cinéma. En 2003 réalise « Passaggi di tempo Paolo FRESU Il commence à jouer de la trompette dans la Banda Municipale de Berchidda, son village natal en Sardaigne, à l’age de seulement 11 ans. À 19 ans, il découvre le jazz, et à 21 ans il en fait sa profession. Deux ans après, il est déjà considéré le meilleur talent italien et il gagne le prix Radio Uno Jazz. Son premier album à son nom, Ostinato, sort en 1985. Depuis, Paolo Fresu a signé une vingtaine d’albums en tant qu’auteur, parmi lesquels plusieurs gagnent des prix ou des mentions spéciales, en Europe comme aux Etats-Unis. Beaucoup plus compliqué est la mise à jour de ses enregistrements en tant que co-auteur, ou simple invité. En fait, il s’agit de plus d’une centaine de titres, entre les albums strictement jazz et ceux qui appartiennent à différents genres (avec Ornella Vanoni, Vinicio Capossela, etc…). Il a collaboré aussi avec de nombreux jeunes talents de la scène musicale italienne, en leur permettant ainsi d’être reconnus par la critique. À côté de son intense activité en studio d’enregistrement, il joue sur les scènes du monde entier. S’il est vrai qu’il privilégie les performances dans le jazz, Paolo Fresu aime aussi les rencontres, comme celles avec le compositeur anglais Michael Nyman, pour le projet multi-média Islands, avec le mime espagnol Joan Minguell, ou le réalisateur sarde Gianfranco Cabiddu, pour Sonos ‘e memoria. Invité par les festivals les plus prestigieux du monde entier, Paolo Fresu ne renonce pas à son activité didactique dans les cours de jazz des écoles de Siena et Nuoro, et à la direction artistique du Festival Time in Jazz de Berchidda. Elena LEDDA Après ses débuts, très jeune, dans un groupe de musique populaire, Elena Ledda étudie le chant classique au Conservatoire de Cagliari, tout en poursuivant son activité d’interprète de chants traditionnels, avec son frère Marcello à la guitare. Puis, elle collabore avec la Coopérative Teatro Sardegna, et en 1978, elle crée son propre quartet, Quelli dell’Orco Nuovo : le groupe chantera jusqu’en 1988, pour reprendre ensuite son activité en 1994, avec le nom de Scaramella. En 1979, elle enregistre son premier album, un recueil de chants traditionnels, avec Marcello Ledda à la guitare et Mauro Palmas aux launeddas. La même année, elle est invitée à intégrer le groupe Suonofficina, avec lequel elle démarre une intense saison de concerts en Italie, en Allemagne et en Suisse. Sa participation à de différentes formations musicales, n’empêche pas la réalisation de ses propres projets : en 1984 elle réalise le CD Is Arroras, où l’on retrouve son grand talent expressif, suivi par White Winds, enregistré en collaboration avec Andreas Vollenweider à l’harpe. La même année sort le deuxième album de Suonofficina, Landimironnai. Le groupe présente en suite au Festival de Zurich le projet Ai confini tra Sardegna et jazz, avec, parmi d’autres musiciens sardes, Paolo Fresu et Antonello Salis. Un mois seulement après, Elena Ledda et Mauro Palmas participent au prestigieux Italian Project de Enrico Rava, présenté à la Filarmonica de Berlin. En 1987, ils créent ensemble Sonos, formation qui représente la suite naturelle du projet musical de Suonofficina. Il s’agit d’une formation ouverte, où s’alternent des musiciens traditionnels et des musiciens jazz. Après Far Away Wave, spectacle produit pour le bicentenaire de la découverte de l’Australie, et représenté à Brisbane, Melbourne et Sidney, avec la participation de Lester Bowie, Elena Ledda poursuit sa tournée dans les Festivals les plus importants, en Europe et aux Etats-Unis, et enregistre un album en France, avec Silex. En 1993 elle enregistre Incanti, un album qui témoigne l’aboutissement de son itinéraire artistique, avec une formation élargie à Riccardo Tesi à l’accordéon diatonique et Giorgio Baggiani à la trompette. Avec le groupe Sonos, Elena Ledda enregistre en suite l’album Canti Randagi, un hommage au grand cantautore Fabrizio De André. Elle participe au projet Sonos ‘e memoria. Ses compositions sont interprétées par Maria Del Mar Bonet et par le groupe espagnol All Tall. Luigi LAI Luigi Lai est né le 25 juillet 1932 à San Vito, dans le Serrabus, la partie sud orientale de la Sardaigne, considérée à l’unanimité la patrie naturelle des launeddas, une sorte de triple clarinette, l’instrument le plus caractéristique de la musique populaire sarde et un des plus anciens instruments polyphoniques de la Méditerranée. Luigi Lai a commencé à jouer les launeddas à l’age de 7 ans, en étudiant avec les plus grands maîtres de launeddas, comme Efisio MELIS et Antonio LARA, (tous les deux originaires de Villaputzu, dans le Serrabus), aujourd’hui malheureusement décédés. Luigi Lai a toujours cultivé une véritable passion pour les launeddas, en y consacrant des heures d’étude quotidienne, qu’il n’a jamais interrompues, même quand il a dû, pour des raisons professionnelles, partir pour la Suisse, où il est resté 20 ans et où il a pu enrichir son expérience musicale en fréquentant les cours d’accordéon et de sax de l’Académie Musicale de Zurigo. Animé par cette véritable passion, il a acquis une technique extraordinaire, qui conjuguée à sa grande sensibilité artistique, fait de lui le plus célèbre et apprécié musicien de launeddas. Il a contribué à élever les launeddas à leur plus grande expression artistique, et à faire connaître la musique sarde dans le monde entier : il a été invité dans les Festivals internationaux les plus connus, du Japon jusqu’aux Etats-unis, en suscitant toujours un grand enthousiasme de public et de critique. Luigi Lai a joué avec les plus grands interprètes de la musique populaire sarde, comme Maria Carta et les Tenores de Bitti. Mais il n’a jamais arrêté d’explorer toutes les possibilités musicales des launeddas dans d’autres expressions musicales, de la chanson au jazz, collaborant avec des artistes comme Paolo Fresu, Enrico Rava et Angelo Branduardi. Il a aussi expérimenté les sonorités des launeddas dans leur élaboration électronique, et proposé pour elles un rôle dans la musique de chambre en clé contemporaine. Tout au long de son activité artistique, il a enregistré plusieurs albums, et comme soliste et en formation avec d’autres musiciens. Son dernier CD Canne in armonie est sorti en 1997. Depuis toujours Luigi Lai s’est consacré aussi à la transmission de l’art des launeddas, en ouvrant plusieurs écoles de launeddas en Sardaigne, dans différentes villes, où il offre à de nombreuses élèves, parmi lesquels beaucoup sont très jeunes, la possibilité d’apprendre la technique de base, pour ensuite suivre personnellement les élèves les plus talentueux. C’est dans cet esprit qu’il a récemment publié, en italien et en anglais, sa “Méthode pour launeddas“, une œuvre pédagogique unique dans son genre. Mauro PALMAS Il a toujours étudié les instruments populaires traditionnels, et il joue la mandole, la guitare et les benas. Son engagement dans le groupe Suonofficina, qu’il crée en 1979 et avec lequel il enregistre les deux albums Pingiada (1979) et Landimironnai (1984), ne l’ empêche pas de participer à plusieurs projets. Avec Maria Carta, avec qui il enregistre l’album Umbras (1980) ; avec Piero Marras, avec qui il enregistre l’album Stazzi Uniti, et avec Alia Musica et Mauro Pagani, avec qui il publie une étude sur la musique ibérique du XII siècle (1981). Particulièrement féconde est la collaboration avec Elena Ledda, avec laquelle il participe à la composition et aux arrangements des albums Ammentos (1979), Is Arrosas (1984), Sonos (1989), Incanti (1994), Sonos Langanos (1999) et Maremannu (2000). Après avoir participé à la réalisation du projet Ai confini tra Sardegna et jazz, présenté à Zurich en 1985, il compose la musique originale du film Nel paese di Eleonora, de Roberto Olla, et participe à Italian Project, le projet de Enrico Rava, présenté à Berlin. En 1987, il fonde le groupe Sonos, dont la formation est enrichie par les collaborations de musiciens jazz, comme Riccardo Lay, Pietro Satta ou Paolo Della Porta, avec lesquels il tourne en Europe et aux Etats-Unis. Coauteur, avec Elena Ledda et Alberto Balia, de Far Away Wave, produit en 1988 pour le bicentenaire de la découverte de l’Australie, il joue avec Don Moye, Don Cherry, Lester Bowie, Fodé Youlà. Pendant trois ans, de 1992 à 1995, il assume la direction artistique du Festival Mare e Dintorni. Co-auteur en 1995 des musiques dirigées par Paolo Fresu du film Sonos ‘e memoria, de Gianfranco Cabiddu, il signe la même année la musique originale pour la réédition de Cainà, premier film tourné en Sardaigne en 1922 par Gianfranco Righelli (Cinémathèque Sarde et Cinémathèque du Friuli). Toujours pour la Cinémathèque Sarde, il compose la musique pour la réédition de Cerere, film tourné en 1916 et interprété par Eleonora Duse. Antonello SALIS Il fait ses débuts de musicien entre la fin des années ’60 et le début des années ’70. À cette époque, il joue les claviers dans des groupes beat et rock, comme Black Strings et Nati Stanchi, avant de participer en 1973 à l’expérience Cadmo, qui représente le chapitre le plus intéressant de l’histoire du jazz italien (avec Riccardo Lay à la contrebasse, Mario Paliano à la batterie, et successivement, Danilo Terzi au trombone et Sandro Satta au sax). Après la dissolution du groupe en 1982, la carrière de ce musicien né à Villamar (Sardaigne), s’enrichit de collaborations avec des pointures comme Lester Bowie, Antony Braxton, Don Cherry, Michel Portal et Nanà Vasconcelos. Au fil du temps, son identité artistique se précise ; il joue le piano, mais aussi l’accordéon, instrument avec lequel il a commencé à étudier la musique quand il était un enfant, et qu’il redécouvre à la fin des années ’70. Il trouve ainsi sa dimension idéale pour les exhibitions en solo ou en formation restreinte, comme en duo avec Sandro Satta, en trio avec Paolo Fresu et Furio Di Castri ou avec Gérard Pansanel et Joël Alloche. Son extraordinaire versatilité le conduit pourtant à s’intégrer dans les contextes les plus divers. À côté des expériences qui le situent entre les plus grands protagonistes du jazz italien, il faut citer aussi sa participation à des projets et enregistrements d’autres genres musicaux. En concert ou en studio d’enregistrement, Antonello Salis collabore avec Pino Daniele, Teresa De Sio, et Paola Turci. Important aussi son rôle d’auteur dans la composition de musiques pour la danse et pour le théâtre. À l’accordéon, il a accompagné le film de Griffith Broken Blossoms, en utilisant son extraordinaire technique d’improvisation. Il a enregistré de nombreux albums en tant que compositeur et co-protagoniste. Il a joué aussi aux côtés de Gianni Coscia, Richard Galliano et Marcel Azzola, dans une surprenante formation en quartet d’accordéons. CORO SU CONCORDU ‘E SU ROSARIU Le Chœur Su Concordu ‘e su Rosariu appartient à la Confraternita del SS. Rosario, crée en 1605 par les Dominicains de Sassari, dans l’église de Santa Maria degli Angeli, à Santu Lussugiurgiu. Il prend la suite de la précédente formation de 1976. Depuis le début des années ’80, il a chanté dans plus de deux cents concerts, et il a participé à de nombreux séminaires sur la musique ancienne, en Italie, à Paris, Marseille et Madrid. Les chants sacrés populaires, interprétés par le Chœur Su Concordu ‘e su Rosariu, ont été repris au théâtre, chantés dans des opéras lyriques et des concerts de musique baroque, ces derniers avec la Cappella Musicale de San Petronio, à Bologne. Le Chœur Su Concordu ‘e su Rosariu a été invité aussi par la Cité de la Musique de Paris à représenter la tradition chrétienne occidentale dans le concert sur les traditions de Pâques, donné en 1999. |